On associe souvent les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et les changements d’humeur à la ménopause. Pourtant, de nombreuses femmes ignorent que les douleurs musculaires et articulaires sont également très fréquentes pendant cette transition hormonale.
En effet, les recherches suggèrent que près de 7 femmes sur 10 ressentent des douleurs musculosquelettiques pendant la périménopause. Pourtant, plusieurs associent plutôt ces symptômes au vieillissement, à une ancienne blessure ou simplement au effets du quotidien.
Comprendre pourquoi ces douleurs apparaissent est une première étape pour mieux les soulager.
Pourquoi la ménopause peut-elle causer des douleurs musculaires et articulaires?
De nombreuses femmes ressentent des douleurs musculosquelettiques pendant la transition vers la ménopause. Une revue systématique avec méta-analyse réalisée par Chang-bo et ses collaborateurs [1] a démontré qu’environ 71% des femmes en périménopause présentent des symptôme comme :
- des douleurs musculaires;
- des douleurs articulaires;
- des maux de dos;
- des douleurs généralisées.
Plus récemment, les chercheurs ont regroupé l’ensemble des signes et symptômes musculosquelettiques associés à la baisse des taux d’œstrogènes sous le terme de syndrome musculosquelettique de la ménopause (SMM).
À quel moment ces douleurs apparaissent-elles?
Pour mieux comprendre pourquoi ces symptômes surviennent, il est utile de distinguer les différentes étapes de la transition ménopausique.
La préménopause correspond à la période où les cycles menstruels sont encore réguliers, généralement tous les 21 à 35 jours.
La périménopause se caractérise par des irrégularités du cycle menstruel durant plus d’un an ou par une période d’aménorrhée de 2 à 11 mois précédant les dernières règles.
La postménopause débute après 12 mois consécutifs sans menstruations.
La prévalence des douleurs musculosquelettiques semble atteindre son sommet au début de la transition ménopausique. Les études démontrent une augmentation significative des symptômes musculosquelettiques pendant la périménopause comparativement à la préménopause. Fait intéressant, Chang-bo et ses collaborateurs [1] n’ont observé aucune différence significative dans la prévalence des symptômes entre les femmes en périménopause et celles en postménopause. Ces résultats suggèrent que les douleurs apparaissent souvent au cours de la transition ménopausique et qu’elles peuvent persister par la suite.
Le risque de développer des douleurs musculosquelettiques augmente dès l’entrée en périménopause. De plus, la sévérité des symptômes tend à augmenter progressivement, de la préménopause jusqu’à la postménopause.
Pourquoi certaines femmes ressentent-elles plus de douleurs que d’autres?
Les bouffées de chaleur, les changements d’humeur et la dépression figurent parmi les signes les plus connus de la ménopause. Pourtant, les douleurs musculosquelettiques comptent elles aussi parmi les symptômes les plus courants, bien qu’on les sous-estime souvent.
Plusieurs facteurs ont été associés à un risque accru de développer des douleurs musculosquelettiques, notamment le tabagisme, la dépression et l’indice de masse corporelle (IMC). Plus particulièrement, un IMC élevé (≥30 kg/m²) a été identifié comme un facteur de risque indépendant. Les femmes ayant un IMC plus élevé rapportent davantage de douleurs au dos, de raideur articulaire et de douleurs osseuses.
Que dit la recherche sur les traitements?
Composer avec des douleurs musculaires et articulaires peut être particulièrement difficile lorsqu’elles s’ajoutent aux nombreux autres symptômes physiques et psychologiques associés à la ménopause.
Parmi les approches non pharmacologiques, l’exercice physique est celle qui bénéficie des données scientifiques les plus solides. Autant pour prévenir que pour soulager les douleurs musculosquelettiques.
Selon Wright et ses collègues [2], l’entraînement en résistance est la modalité d’exercice qui fait le plus consensus. Plus précisément, les auteurs recommandent un entraînement axé sur la force, avec des charges plus élevées et moins de répétitions. Ils privilégient cette approche aux charges plus légères et aux répétitions nombreuses pour améliorer la puissance musculaire. En effet, la diminution des taux d’oestrogènes contribue à la perte des fibres musculaires de type II (fibres rapides), ce qui entraîne une diminution de la puissance musculaire.
Le maintien de la puissance musculaire est essentiel pour accomplir les activités de la vie quotidienne et préserver son autonomie. De plus, les études montrent que l’entraînement en résistance améliore la santé osseuse et réduit le risque de chutes et de fractures.
Quand consulter un professionnel de la santé?
Plusieurs femmes âgées de 45 à 55 ans ne réalisent pas que les changements hormonaux peuvent avoir un impact important sur leur santé musculosquelettique.
Par conséquent, elles consultent souvent en clinique privée de physiothérapie pour des douleurs musculosquelettiques sans reconnaître que la ménopause peut y contribuer.
Le syndrome musculosquelettique de la ménopause englobe un large éventail de conditions, notamment :
- une perte de masse musculaire maigre;
- une diminution de la densité minérale osseuse;
- un risque accru de fractures;
- des blessures aux tendons et aux ligaments;
- une capsulite adhésive (épaule gelée);
- la progression de l’arthrose;
- le syndrome génito-urinaire de la ménopause.
Compte tenu des nombreux effets de la ménopause sur la santé musculosquelettique, il est essentiel de demeurer active et d’accorder une attention particulière à sa santé physique et mentale.
Les professionnels de la santé, incluant les physiothérapeutes, les ostéopathes, les chiropraticiens et les ergothérapeutes, peuvent tous jouer un rôle important. Non seulement pour diminuer les douleurs musculosquelettiques, mais aussi pour favoriser la prévention à long terme, maintenir les capacités fonctionnelles et améliorer la qualité de vie tout au long de la transition ménopausique.
Mieux comprendre les symptômes de la ménopause
Les douleurs musculaires et articulaires figurent parmi les symptômes les plus fréquents de la ménopause, mais aussi les plus souvent sous-estimés. Reconnaître le lien entre les changements hormonaux et la santé musculosquelettique permet de mieux comprendre ces symptômes et de consulter rapidement les professionnels appropriés.
Si vous ressentez des douleurs musculaires ou articulaires persistantes pendant la périménopause ou la ménopause, sachez que vous n’avez pas à traverser cette période seule. Chez Ekinox, notre équipe interdisciplinaire travaille en collaboration pour vous aider à soulager vos douleurs, retrouver vos capacités fonctionnelles et demeurer active à chaque étape de cette transition hormonale.
Références :
- Lu, C. B., Liu, P. F., Zhou, Y. S., Meng, F. C., Qiao, T. Y., Yang, X. J., Li, X. Y., Xue, Q., Xu, H., Liu, Y., Han, Y., & Zhang, Y. (2020). Musculoskeletal Pain during the Menopausal Transition: A Systematic Review and Meta-Analysis. Neural plasticity, 2020, 8842110. Https://doi.org/10.1155/2020/8842110
- Wright, V. J., Schwartzman, J. D., Itinoche, R., & Wittstein, J. (2024). The musculoskeletal syndrome of menopause. Climacteric, 27(5), 466-472. Http://doi.org/10.1080/13697137.2024.2380363