En physiothérapie et en réadaptation, le développement de la masse musculaire joue un rôle clé dans le retour à la fonction et la prévention des blessures. Mais qu’est-ce que l’hypertrophie musculaire exactement, et comment l’optimiser?

D’abord, c’est quoi l’hypertrophie musculaire?

L’hypertrophie musculaire, c’est quand les muscles deviennent plus gros parce qu’ils accumulent davantage de protéines et que leurs fibres s’épaississent. 

Autrement dit, ce n’est pas seulement le muscle qui paraît plus gros de l’extérieur. Ce sont les fibres musculaires elles-mêmes qui deviennent plus volumineuses, et non autre chose autour du muscle. Il s’agit donc d’une véritable augmentation de la masse musculaire.

Pourquoi l’hypertrophie musculaire est-elle importante?

La masse musculaire n’est pas seulement importante dans un contexte de bodybuilding dans le but d’atteindre un idéal d’apparence physique. Elle joue aussi un grand rôle dans le maintien de notre force et de notre mobilité ainsi que pour prévenir des blessures.

Nos muscles sont aussi importants dans le maintien d’un poids santé et influencent positivement notre métabolisme. 

Bien comprendre les mécanismes et les paramètres optimaux pour favoriser l’hypertrophie musculaire s’avère donc pertinent pour nous tous, particulièrement en contexte de physiothérapie, après une blessure ou une chirurgie.

Le mythe des dommages musculaires

Plusieurs d’entre nous ont déjà entendu dire que l’entraînement musculaire provoque de petites microfissures dans les muscles, et que c’est lors de la réparation de ces microfissures que les muscles se développent.

Des études récentes montrent que, finalement, ce n’est pas réellement à travers les dommages musculaires qu’on fait grossir nos muscles. 

Au début de l’entraînement en résistance, l’inflammation causée par les dommages musculaires provoque principalement l’augmentation de la taille des muscles, plutôt qu’une véritable croissance des fibres musculaires.

Ce n’est qu’après environ 8 à 12 séances que l’on détecte une quantité modérée d’hypertrophie réelle, et une quantité significative seulement après environ 18 séances, réparties sur 6 à 10 semaines.

Les protocoles d’entraînement qui minimisent les dommages musculaires peuvent mener à des gains musculaires et des gains de force équivalents à ceux qui en provoquent davantage. 

Des dommages sévères peuvent même nuire à l’adaptation hypertrophique en retardant la récupération.

En bref, bien que des dommages musculaires initiaux ne nuisent pas à l’hypertrophie musculaire, ils ne la favorisent pas non plus. Ils ne devraient donc pas être considérés comme un facteur déterminant de la croissance musculaire induite par l’entraînement.

Si ce ne sont pas les dommages musculaires, quels sont les réels mécanismes de l’hypertrophie?

Tension mécanique

La tension mécanique est reconnue comme un stimulus fondamental de l’hypertrophie musculaire. Lorsque le muscle travaille sous tension (en s’entraînant avec des poids, par exemple), il envoie des signaux qui stimulent la fabrication de nouvelles protéines musculaires.

Stress métabolique

Le stress métabolique est également un signal hypertrophique efficace et crucial. Ce stress est habituellement généré par des protocoles d’exercices avec des répétitions élevées et de plus courtes périodes de repos, entraînant une accumulation de fatigue. 

Dans ce cas-ci, c’est cette accumulation de fatigue qui agit comme signal pour la fabrication des protéines musculaires.

Quels sont les paramètres d’entraînement recommandés pour optimiser l’hypertrophie musculaire?

Généralement, on obtient une tension mécanique efficace avec des charges plus élevées. Toutefois, les données actuelles montrent que des séries effectuées jusqu’à ou très près de l’échec musculaire, qu’elles utilisent des charges faibles, modérées ou élevées, entraînent toutes des adaptations hypertrophiques similaires.

En pratique, atteindre l’échec musculaire signifie faire des répétitions jusqu’au moment où nous ne sommes plus capables d’en compléter une autre avec une bonne technique.

L’efficacité des charges plus faibles s’explique par le fait que la tension mécanique moindre est compensée par un stress métabolique accru.

En physiothérapie, cette flexibilité permet d’adapter les exercices selon la douleur, la tolérance et le stade de guérison sans sacrifier notre but de développer ou de récupérer de la masse musculaire.

Quand travailler l’hypertrophie en physiothérapie?

  • Perte de force liée à l’inactivité
  • Après une immobilisation
  • Après une chirurgie
  • En prévention des blessures
  • Lors d’un retour aux sports suite à une blessure
  • Dans un contexte de vieillissement actif pour préserver l’autonomie

L’hypertrophie musculaire ne concerne pas uniquement la performance ou l’esthétique. En physiothérapie, elle constitue un outil essentiel pour restaurer la force, améliorer la fonction et favoriser un retour sécuritaire aux activités.

Si vous êtes en réadaptation à Vaudreuil-Dorion, votre thérapeute peut vous accompagner avec un plan personnalisé, adapté à vos objectifs et à votre condition.

Sources :

  • Damas et al. 2017: The development of skeletal muscle hypertrophy through resistance training: the role of muscle damage and muscle protein synthesis.
  • Behringer et al. 2025: Anabolic signals and muscle hypertrophy– Significance for strength training in sports medicine
  • Lopez et al. 2020: Resistance Training Load Effects on Muscle Hypertrophy and Strength Gain: Systematic Review and Network Meta-analysis